Le directeur du Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM), Fady Dagher, a convoqué hier soir une conférence de presse d'urgence pour annoncer le démantèlement d'une équipe de 16 agents du Poste 39, à Montréal-Nord, sous enquête pour des actes racistes et de haine commis contre des personnes noires et d'origine arabe lors d'interventions policières.
Deux agents ont été suspendus, tandis que 14 autres ont été réaffectés à des fonctions sans contact avec le public. Parmi les faits dénoncés : insultes racistes, émission d'amendes sur la base du profil ethnique, et coupe de tresses (dreadlocks) à des hommes arrêtés comme s'il s'agissait de trophées. La conduite ne semble pas être un cas d'erreurs individuelles isolées, mais un schéma coordonné dans lequel les agents eux-mêmes s'encourageaient mutuellement.
L'enquête interne a été lancée en mars, suite à des dénonciations de collègues au sein même du corps policier qui ont jugé la conduite intolérable. Interrogé par un journaliste sur ce scandale, le directeur Dagher a répondu : « Je pardonnerai toujours une erreur commise de bonne foi. Mais je ne pardonnerai jamais une faute délibérée. […] Si la preuve les condamne, je serai implacable.»
Dagher, qui depuis son arrivée au poste en 2022 a fait de la lutte contre le profilage racial sa priorité centrale, a ajouté être profondément déçu — non pas pour lui-même, mais pour les milliers d'agents qui accomplissent leur travail avec intégrité.
La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a confirmé avoir immédiatement contacté le ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, et a annoncé qu'il travaillerait à accélérer la mise en œuvre de caméras corporelles au SPVM.
