Pendant quatre-vingts ans, le Canada a cimenté sa sécurité dans la conviction que le voisin du sud ne se retournerait jamais contre celui qui dormait à ses côtés. Cette conviction ne tient plus. Washington a imposé des tarifs de cinquante pour cent et a même rebaptisé le lac Ontario en lac Amérique dans ses documents fédéraux, tout en se référant à son allié comme s'il s'agissait du futur cinquante et unième État. Pourtant, le Canada n'a pas capitulé.
Dans cette édition de Marcano Sin Tapujos, Edgar Marcano analyse ce que révèle sur la structure du pouvoir le bras de fer entre Mark Carney et Donald Trump. En Alberta, une large majorité a voté pour rester au Canada et a également rejeté les questions avec lesquelles le gouvernement provincial tentait de retirer des compétences à Ottawa. De son côté, les contre-tarifs canadiens se sont dirigés contre les États décisifs des élections de mi-mandat. La Maison Blanche a fini par accorder des exemptions précisément là où un siège est en jeu.
Le sommet avec l'Union européenne à Montréal a mis en lumière à la fois l'engagement canadien à diversifier ses alliances et les limites de cette stratégie. Pour des pays petits comme la République dominicaine, la conclusion est exigeante. La marge de manœuvre face à l'hégémon doit être construite avant la crise, car en plein milieu de celle-ci, il est déjà trop tard pour l'improviser. Cela passe par la cohésion interne et par des alliances plus diverses, mais aussi par des réformes qui donnent de la solidité à l'économie propre.
